RENCONTRE AVEC
YVES
DUTEIL
        Photo : Youri  Lenquette

Sa discographie est impressionnante et dernièrement il vient de sortir sont premier DVD : fr(agiles).
 Pas besoin de présenter Yves DUTEIL.....quoique, je vous encourage à visiter son «Blog à part » :
http://blog.yvesduteil.com/blog , vous y trouverez plein de choses intéressantes le concernant  .

L'auteur-compositeur-interprête, rendu célèbre par notamment « Le petit pont de bois »,  « Prendre un enfant par la main », « La langue de chez nous » et bien d'autres succés qui font maintenant partie du patrimoine de la chanson française, a bien voulu répondre aux questions de 3-2-1-chansons .

Yves, c'est surtout à l'auteur que je m'adresse aujourd'hui .Te souviens-tu de l'écriture de ta première chanson ? Et depuis .......combien en as-tu écrites ?

Environ 200. La première, c’était peut-être « la puce et le pianiste » qui se trouve sur l’album « L’écritoire ». Le premier… (1975)

Comment pratiques-tu.......as-tu une méthode de travail ? As-tu un ordre bien défini , paroles puis musique ? La rythmique et la mélodie te « trottent »-elles ensemble dans la tête ?

Non, il est rare que les deux viennent ensemble, mais ça arrive (« Mélancolie ») De plus en plus, ce sont d’abord les paroles, puis la musique se pose sur les mots… Mais le contraire est toujoursd possible : Il m’arrive de partir de la musique de quelqu’un d’autre :  « Tu m’envoles » ou « Les amours fanées » ou encore « Ma terre humaine » (Jean-Pierre Marcellesi)

La page blanche te hante t-elle ?

Bien sûr ! Je la dompte, je la jugule, je la menace, je la cajole, et elle finit par bleuir de plaisir sous la caresse du stylo… Parfois ça prend du temps, mais je gagne toujours, à la fin…

As-tu des périodes privilégiées pour écrire ? Peux-tu écrire à la demande ?

Non, il faut du temps pou « entrer » en écriture. On doit ouvrir des portes successives, vers l’intérieur, ou hors de soi… C’est une plongée en profondeur qui demande des semaines de travail. Il faut avoir du temps devant soi pour travailler , pas de limite d’horaires, et parfois, une fois lancé, on est habité par l’écriture, jour et nuit, au repas, au repos, dans la voiture, n’importe quand…

Ecrire est-il vital pour toi?

Oui, à un moment donné, l’envie se déclenche comme une nécessité. Je suis un créateur dans l’âme, et j’ai besoin de ce souffle nouveau pour respirer à fond…

Les périodes d'écritures sont-elles exaltantes ou déprimantes ?

Déprimantes au début à cause du doute permanent qu’il faut dissiper, comme une brume intempestive, l’impression qu’on ne va jamais y arriver… Mais après, c’est une période riche et dense, pleine de surprises et de fierté, une source fraîche.

Si tu devais donner un seul conseil à un débutant parolier , ce serait lequel?

Peaufiner jusqu’à la dernière minute. Remettre en cause, écouter l’avis des gens qu’on estime, et travailler sans relâche. C’est la qualité qui reste. Pas la facilité. L’inspiration ouvre les pistes, mais la performance est dans le travail…

 Ta chanson préférée ?

Dans mon répertoire ? J’en ai plusieurs .  « La langue de chez nous », « Pour que tu ne meures pas », « Elle ne dort »… Mais il y en a d’autres « Regard impressionniste », « Les choses qu’on ne dit pas »…

Te sens-tu plus Auteur que Compositeur ? Estimes-tu que la musique et les arrangements soient aussi importants que le texte ?

Tout est important . Une chanson est un tout, une alchimie, où un seul loupé peut faire rater la sauce et passer à côté, avec un excellent texte, une belle mélodie, des harmonies riches, et un arrangement raté…

Quel impact voudrais-tu que tes propres chansons aient auprès des gens ? Quelle est la mission de tes chansons ?

Elles n’ont d’autre mission que de porter des mots justes sur une émotion authentique, sur un partage de sentiments, d’idées, de cause commune.. En chanson, tout est possible. « Une noix » de Trenet, ou « Potemkine » de Ferrat… « Lucille et les libellules » ou « La tibétaine »… « Fragile » (pour ma fille)  « Où vis-tu Pauline » (sur les femmes battues), etc… L’éventail est extra-large.

Toi, qui est un des rares auteurs « médiatisés »à nous proposer , aujourd'hui, une chanson de qualité , que penses-tu de la mise à l'écart  « médiatique » d'ACI comme Leprest , Bertin , Benin, Michèle Bernard et bien d'autres ! Te sens-tu proche de ces gens-là ?

J’ai fait partie de ces artistes « mis à l’écart » mais il y a parfois des retours vers la lumière. J’ai travaillé pendant tout ce temps, comme on garde la veilleuse allumée. Ces grands artistes que tu cites font de même et le public leur garde son estime, en attendant que les acteurs du monde médiatique reviennent vers eux…

Quel regard poses-tu sur la chanson française actuelle, son évolution , son avenir ?

La création est plus foisonnante que jamais. On oppose les internautes et les créateurs,, mais je crois que cette vision est déjà révolue. Il n’y a que des artistes et un public, face à face comme au concert, et qui doivent apprendre à vivre ensemble dans ce nouveau modèle informatique musical. Beaucoup de concerts, mais peu de filières toutes faites. Chacun trace sa route avec les moyens du bord. Mais il y a beaucoup de talent sur l’échiquier…

Y a t-il une question à laquelle tu aurais aimé répondre ....et que je ne t'ai pas posée ?

Non, je crois que j’ai essayé de répondre à tes interrogations, merci de m’avoir offert cet espace de liberté sur paroles…

Merci YVES pour ta disponibilité


 


 




 
 
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