RENCONTRE

AVEC
FRANCOIS BUFFAUD
 

« J’ai l’impression que depuis toujours la musique vient sous mes doigts quand un frisson me parcourt, que les mots qui voudraient sortir de moi n’osent le faire que parce qu’ils sont chantés.
Alors, la scène est pour moi le moment de partager les émotions, les plaisirs que l’on croise tous un jour.
Dans un éclat de vivre, j'y passe du rire aux larmes, des rêves à la réalité du quotidien, sans autre prétention que d’être juste humain. »

Voilà comment François se présente......
Mais bien entendu 3-2-1-chansons a voulu en savoir plus !

François, c'est surtout à l'auteur que je m'adresse aujourd'hui.

Te souviens-tu de l'écriture de ta première chanson ? Et depuis... combien en as-tu écrites ?

Oui... je crois me souvenir... c'était une chanson d'amour bien sûr !

Aujourd'hui, je ne pense avoir écrit qu'une petite centaine de chansons...

Tu as mis du temps avant de « plonger », à plein temps, dans ce métier de chanteur !

Si c'était à refaire franchirais-tu « le pas » plus rapidement ?

Ce qui me vient à l'esprit immédiatement, c'est que j'ai été bien c.. de ne pas oser cette vie-là plus tôt, je suis si heureux maintenant... ! Mais je me dis aussi que l'homme que j'étais n'avait sans doute pas la maturité que je revendique aujourd'hui.

Mon chemin est sinueux mais ce sont ses détours qui m'ont enrichi ; c'est la passion enfouie depuis tant d'années qui me fait savourer aujourd'hui chaque moment de musique, chaque rencontre...

Comment pratiques-tu... as-tu une méthode de travail ?

As-tu un ordre bien défini, paroles puis musique ? La rythmique et la mélodie te « trottent »-elles ensemble dans la tête ?

Je suis autodidacte, instinctif... La musique naît sous mes doigts, s'invite dans ma guitare selon l'humeur du moment. Des mots viennent alors très vite dans les pas de la mélodie que j'improvise, comme une piste pour décoder l'émotion qui me traverse à ce moment-là. Si j'ai l'impression que c'est réussi, c'est-à-dire qu'un auditeur peut s'approprier cette émotion, alors j'essaie de m'en souvenir le lendemain... pour affiner, développer...

La démarche est différente quand on me propose un texte à mettre en musique. Là, je me laisse pousser par le rythme des mots, je m'approprie petit à petit l'histoire qu'ils me racontent..., comme je le ferais avec une paire de chaussures neuves que pas après pas je formerais à mon pied avant pouvoir de partir en voyage avec...

La page blanche tu connais ? Est-ce une angoisse pour l'auteur que tu es ?

Bien sûr je connais !

Mais j'ai la chance d'avancer dans la musique avec le plaisir comme moteur, alors pas de contrainte, pas d'angoisse !

As-tu des périodes privilégiées pour écrire ? Peux-tu écrire à la demande ?

Je ne peux vraiment écrire que quand je suis seul avec moi-même.

 Écrire à la demande ? Respecter la consigne fixée ? Pour avoir eu le plaisir de participer à des ateliers d'écriture avec Anne Sylvestre et Rémo Gary, j'ai vu que quelque chose sortait toujours de mon citron quand on le presse un peu... mais je ne suis pas certain de la qualité du jus !

Écrire est-il vital pour toi ?

Vital, je ne sais pas... comme dit , Alain Sourigues « Je tiens plus longtemps sans écrire que sans respirer... ».

 Écrire, composer, créer, c'est en tout cas ce qui donne un sens à ma vie !

Les périodes d'écritures sont-elles exaltantes ou déprimantes ?

Les périodes d'écritures sont en général exaltantes... pour moi une bonne porte de sortie de la déprime.

Si tu devais donner un seul conseil à un débutant parolier, ce serait lequel ?

Oser être lui-même.

Ta chanson préférée ?

Voilà la question la plus difficile de la série !

La première à laquelle je pense : « Que serais-je sans toi » (Louis Aragon / Jean Ferrat).

Te sens-tu plus Auteur que Compositeur ? Estimes-tu que la musique et les arrangements soient aussi importants que le texte ?

Personnellement, j'ai plus de facilité à composer qu'à écrire des mots mais j'ai choisi de m'exprimer en chansons. J'ai donc du mal à dissocier les mots de la musique. Je m'ennuie tout autant à écouter de beaux textes sur des "accords de curé" que des mélodies chiadées sur des textes à la "tata yoyo" !

Quel impact voudrais-tu que tes propres chansons aient auprès des gens ? Quelle est la mission de tes chansons ?

Quand le public partage, se retrouve dans mes émotions je suis comblé. Alors, quand on vient me dire à la fin « Ça fait du bien » c'est pour moi le plus beau des compliments !

Quel regard poses-tu sur la chanson française actuelle, son évolution, son avenir ?

 J'avoue que je suis un peu triste de voir la chanson considérée comme un mode d'expression démodée. Mais ce sont les médias, les diffuseurs qui ont ce regard négatif. À force de prendre les gens pour des cons on les rend cons. À nous d'inventer d'autres circuits, d'autres lieux pour nous produire... Ce n'est pas à toi que je vais l'apprendre !!!

Et quand je pense à ça, un vent d'espoir gonfle mes voiles : Vive les circuits courts ! Vive les petits lieux ! Là, nous sommes en vie, riches de vrais partages avec un public qui aspire à des moments sincères et où l'humain a encore sa place.

Et puis, la mode est faite de cycles. A nous tous, qui aimons la Chanson, de la garder vivante, active, et florissante de nouveautés même dans l'ombre de nos caves, de nos greniers jusqu'à ce qu'elle retrouve la lumière.

J'espère juste être encore là pour voir à nouveau un plus grand nombre de gens retrouver le goût de la poésie et des belles harmonies.

Comment vois tu le « futur » de François BUFFAUD ?

J'avance un peu au jour le jour par la force des choses.

En ce moment, je me concentre sur les prochaines périodes de concert avec mes complices Sébastien Debard et Philippe Parant, mes "ami-frangins". Plus particulièrement début mai, à l'occasion d'une résidence au Théâtre du Rond Point de Valréas (84), nous invitons un autre super musicien et magnifique humain, le contrebassiste Michel Sanlaville (Michèle Bernard, Samarabalouf...). Le genre de concert où je voudrais voir défiler tous les programmateurs de France et de Navarre !

Je pense aussi beaucoup au 9 juillet, date à laquelle nous nous produirons avec le trio dans un formidable festival chanson, "La Chansonnade" à Pourchères (07), à l'affiche avec des gens que j'admire comme Rémo Gary, Bernard Joyet, Nathalie Miravette, Philippe Forcioli, pour ne citer qu'eux...

Y a t il une question à laquelle tu aurais aimé répondre, et que je ne t'ai pas posée ?

Non Michel, je ne pense à rien de particulier. J'ai hâte de te rencontrer pour moi aussi te poser des questions sur ton parcours !

Merci François pour ta disponibilité et bon vent à toi, en espérant te revoir bientôt sur une scène Auvergnate !

Merci à toi !!!

J'espère que tu pourras être des nôtres le 23 avril à l'Arthé Café !


 



 
 
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