Le nouveau cd de Pierre Delorme...

 

RENCONTRE AVEC PIERRE DELORME 

Pierre DELORME

 Photo de la pochette de son dernier cd .

 Bientôt sur 3-2-1-chansons :un article sur Pierre...

"Le flaneur" le dernier cd de Pierre Delorme  que vous pouvez commander sur son site en cliquant ici .

  Depuis quand écris-tu et qui t'as donné l'envie d'écrire ?

L’envie de faire de la musique a précédé celle d’écrire. Ensuite j’ai mis en musique des poèmes, puis j’ai fini par écrire. Depuis quelque temps je reviens à la mise en musique de poèmes que j’aime bien.

Comment pratiques-tu...as-tu une méthode de travail ?

J’improvise tous les jours à la guitare ou bien je compose de manière plus formelle.

En même temps j’ai une sorte chantier de textes où je vais travailler dès que j’ai un moment, je travaille sur plusieurs textes à la fois. Je passe de l’un à l’autre et ça peut durer des années avant d’en achever certains. Mais je ne suis pas pressé, plus je vieillis plus j’ai le temps.

J’essaie de faire se rencontrer si c’est possible les « trouvailles» dans ces deux domaines. Ils se nourrissent l’un l’autre. J’aime qu’ils se fondent au point qu’on ne perçoive plus les limites entre l’un et l’autre.

Où trouves-tu ton inspiration et quels sont tes thèmes préférés ?

Je pars à l’aventure dans les mots et c’est sans doute ensuite l’inconscient qui travaille et surtout les souvenirs des chansons que j’ai déjà entendues. Un de mes amis jazzman dit qu’ « improviser c’est se souvenir » (des improvisations qu’on a entendues et dont on se nourrit). Peut-être écrire et composer des chansons c’est se souvenir aussi, des chansons des autres.

Est-ce que ta gomme est un instrument utile pour écrire ?

C’est le grand peintre Picasso qui disait « créer c’est retrancher », j’ai essayé de retenir la leçon et je pense que tout ce qui permet d’ôter, faire disparaître, alléger, tout cela est très utile, qu’il s’agisse d’une gomme ou de la touche « suppr » du clavier.

La page blanche te hante t-elle ?

Non, ma hantise c’est la redite, refaire la même chose sans vraiment m’en apercevoir, ou pire en m’en apercevant. Se contenter de passer là où je suis déjà passé, ne plus progresser, ne rien découvrir d’excitant.

As-tu des périodes privilégiées pour écrire ? Peux-tu écrire à la demande ?

Non, le chantier est permanent.

Oui, sans problème. Ecrire avec une contrainte de forme, de temps ou de thème est une chose très stimulante. Dans le domaine du « grand art » nombre de chefs-d’œuvre sont nés de commandes. La demande, ou la commande, permettent ou obligent à s’aventurer vers des possibilités qu’on aurait ignorées autrement, en se laissant guider par sa seule « inspiration » par exemple.

Ecrire un texte sur une mélodie déjà composée est aussi une contrainte qui oblige à écrire autrement. Mais c’est un dur labeur.

Ecris-tu pour d'autres ?

Oui, surtout d’ailleurs pour des chanteuses…ce qui devrait intéresser un psychanalyste !

Ecrire est-il vital pour toi ?

Aucune idée, je ne pense pas. Je crois que je pourrais ne plus écrire, mais j’aurais beaucoup de mal à ne plus jouer de guitare. D’ailleurs pendant une quinzaine d’années je n’ai plus écrit de chansons, j’ai uniquement composé de la musique et je n’en suis pas mort, donc je me dis que l’écriture ne doit pas être vitale pour moi !...

Les périodes d'écritures sont-elles exaltantes ou déprimantes ?

La notion de « période d’écriture » m’est étrangère, le passage de l’exaltation à la dépression (et inversement) correspond plus pour moi aux moments qui précèdent et à ceux qui suivent les périodes d’enregistrement.

Si tu devais donner un seul conseil à un débutant parolier, ce serait lequel ?

J’ai la chance de travailler depuis de nombreuses années à l’Ecole Nationale de Musique de Villeurbanne au sein du département chanson (le premier à avoir existé en France dans le service public). On peut dans cette école obtenir un diplôme (DEM) chanson, équivalent à ceux qu’on peut obtenir le domaine classique ou le domaine jazz, par exemple.

Je travaille en particulier avec les jeunes auteurs et compositeurs. Plus ça va et plus je me demande si ce que j’enseigne est pertinent…le doute est permanent, et ça n’est pas une coquetterie de le dire, c’est vrai…alors donner des conseils…je suis assez sceptique.

Ta chanson préférée ?

En ce moment précis « John Wesley Harding » de Bob Dylan. Demain, ça sera une autre sans doute.

Te sens-tu plus Auteur que Compositeur ? Estimes-tu que la musique et les arrangements soient aussi importants que le texte ?

Tout est important

Te considères-tu comme un vrai musicien ? As-tu confié certains de tes textes à des musiciens professionnels ? Si la réponse est non, pourquoi ?

J’ai beaucoup étudié la musique et beaucoup travaillé la guitare, ce qui me permet de me croire musicien. Mais enfin « musicien » on peut l’être à des degrés divers, c’est une question d’intensité et de don. On peut se prétendre musicien ou guitariste et puis entendre jouer Pat Metheny ou John Williams par exemple et se dire qu’on n’est pas si musicien que ça !

J’ai donné parfois des textes à des amis musiciens qui voulaient s’aventurer dans la composition pour les chansons. Les résultats sont toujours intéressants, assez riches, notamment sur le plan harmonique.

Pour terminer, comment vois-tu l'avenir des ACI comme toi (ceux qui comportent la bonne chanson Française) qui sont peu, pas ou mal reconnus ? Plus précisément un ACI comme toi peut-il vivre correctement de son Art aujourd'hui ?

La bonne chanson ? Qu’est-ce que la bonne chanson ? Je crois que les réponses peuvent vraiment varier selon l’âge et les goûts des auditeurs !

Je connais surtout les ACI de ma génération et pour la plupart d’entre nous « les carottes sont cuites », nous ne rencontrerons jamais un grand succès public. Nous ne serons jamais reconnus. Nos chansons étaient peut-être trop ambitieuses pour pouvoir toucher un public plus large et nous n’avons qu’un petit public, comme la poésie et un certain cinéma d’auteur, ce qui n’est déjà pas si mal. Nous avons, à mon avis, perdu le caractère populaire des chansons de nos aînés, ceux qui nous ont pourtant inspirés, Trenet, Brassens, Brel et Ferré. Mais ça n’explique pas tout.

Les nouvelles générations feront ou font déjà d’autres types de chansons, mais je crois que par les temps qui courent toutes les entreprises un peu ambitieuses sont condamnées à ne rencontrer qu’un tout petit public. Du moins pour le moment…mais cela peut changer, c’est mon souhait.

Dans mon cas personnel, j’ai la chance de gagner ma vie par ailleurs et d’une manière intéressante, donc je suis assez décontracté avec tout ça. Même si j’aurais aimé bien sûr faire une vraie carrière.

 

Merci Pierre et bonne route

Merci à toi

 

 

 

 




 
 
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