JACQUES BERTIN

RENCONTRE

AVEC

JACQUES

BERTIN

Bonjour Jacques . 

Depuis quand écris-tu et qui t'as donné l'envie d'écrire ?

J’ai commencé à écrire des chansons vers quinze ou seize ans ; puis, autour de dix-huit ans, des poèmes. Je n’avais ni « décidé d’écrire », ni « envie d’écrire »… Je ne suis pas un mystique de l’écriture. (Cela ne m’empêche pas de travailler beaucoup…)

Comment pratiques-tu.......as-tu une méthode de travail ?

Non. « Ca » me prend. En voiture… Dans la rue… Et je me mets à mon bureau. Puis le travail. 3/4 d’inspiration, 3/4 de travail. C'est-à-dire, au total : 100% de travail.

En outre, dans la chanson, il faut mettre en place la part musicale ; puis mémoriser… C’est un travail cent fois repris.

Bref, je travaille beaucoup.

Ou trouves-tu ton inspiration et quels sont tes thèmes préférés ?

Je n’en sais rien. Je n’écris pas de poésie en m’imposant préalablement un thème. Le thème, le ton, le rythme, c’est ce qui surgit de vous et vous impose de vous mettre au travail. Bien entendu, je ne vais pas dans la vie en touriste distrait : comme chacun, je lis, je tente de réfléchir, je parle et j’écoute… Et la vie se charge de me fournir du réel, donc des thèmes, des drames, des bonheurs…

Est-ce que ta gomme est un instrument utile pour écrire ?

Oui, bien sûr (mais c’est un ordinateur, désormais). Concernant la prose (journalistique, notamment) j’ai observé que chaque article sortant de mes usines était recommencé sept ou huit fois avant d’être considéré comme moi comme terminé (pas toujours à raison, d’ailleurs).

As-tu un ordre bien défini , paroles puis musique ? La rythmique et la mélodie te « trottent »-elles déjà dans la tête ?

Le texte, toujours en premier. Mais il doit être lyrique, c’est-à-dire, qu’il doit chanter sans sa musique…

La page blanche te hante t-elle ?

Non, pas du tout.

As-tu des périodes privilégiées pour écrire ? Peux-tu écrire à la demande ?

Je travaille quotidiennement, en principe. Le type qui dit : « Je pars à la campagne pour écrire mon disque (ou mon roman) », me sidère. Comme si on pouvait convoquer ses muses, à dates et heures fixes, comme des employés…

Je puis écrire à la demande : du journalisme, des livres… Par ailleurs, il m’est arrivé deux ou trois fois d’écrire une chanson sur commande. Cela pourrait m’arriver encore. Etre mis dans l’obligation de fournir est une autre façon de se découvrir (dans tous les sens de ce mot). Mais je crois qu’un auteur, un poète qui se contenterait de travailler ainsi passerait à côté de l’essentiel. Etre un fabriquant, c’est être un faiseur…

Ecris-tu pour d'autres ?

Non. Ce n’est pas arrivé. Mais je ne suis pas contre par principe. En art, c’est souvent le hasard qui décide, les rencontres, les défis…

Ecrire est-il vital pour toi?

Je ne sais pas. J’imagine que oui (après quarante ans…), mais je ne me pose pas cette question. Je n’ai jamais senti l’appel du destin, j’ai pris dès le début le hasard avec ferveur. Il s’est trouvé qu’il convenait bien à mon caractère. Tant mieux.

Les périodes d'écritures sont-elles exaltantes ou déprimantes ?

Ni l’un ni l’autre. Parfois exaltantes. Déprimantes, parfois, lorsqu’on considère le résultat, plus tard…

Si tu devais donner un seul conseil à un débutant parolier , ce serait lequel?

Ta chanson préférée ?

Il y a dans le patrimoine français des centaines – peut-être des milliers - de chefs d’œuvre. La société de la parole dominante ne nous en donne rien.

Merci Jacques .

 A lire également , le très beau livre : Reviens, Draïssi , ( écrits sur la chanson ), de Jacques Bertin .

 

 




 
 
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